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Crocodile

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Bastian Meiresonne 3
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Rien à garder

Cette oeuvre de jeunesse est certes à regarder comme une ébauche, un premier état des thématiques ultérieurement abordées - et avec un talent bien supérieur -par Kim Ki-Duk. Cependant, même avec un oeil compréhensif, on ne peut qu'être gêné par la vulgarité et la confusion du propos. A oublier.



07 avril 2008
par zybine


Wild Animals

Premier long-métrage de Kim Ki-duk, "Wild Animals" est l'aboutissement d'un long parcours professionnel sinueux pour enfin aboutir à la réalisation de son premier long.
Travailleur à l'usine, marine, bénévole à l'église, puis peintre de rue à Palavas-les-Flots, cette première réalisation survient après plusieurs années à signer des scénarii.
Son premier brasse déjà tous les thèmes obsessionnels de ses futures œuvres. Une tête brûlée, qui s'exprime mieux à al force de ses coups de poings, que par les mots, une histoire d'amour, qui signera également la déchéance de son couple et une petite communauté, qui va finir par voler en éclats. Un premier essai maladroit et mal maîtrisé, il est pourtant un passionnant brouillon d'une future œuvre récurrente et répétée.
Bancal, "Crocodile" n'en est pas moins une première œuvre étonnante dans l'affirmation de son réalisateur que de n'avoir vu que très peu d'œuvres cinématographiques auparavant; en revanche, on y lit sans aucun mal l'inspiration majeure du cinéaste Leos Carrax, dont Kim Ki-duk avoue avoir vu comme l'un de ses tous premiers films "Les Amants du Pont Neuf" lors de son arrivée sur Paris. Une ressemblance, qui se traduit par certains thèmes, personnages et dans l'utilisation si particulière d'une lumière bleue et blafarde. Les scènes poétiques sous l'eau rappellent d'ailleurs sans mal parmi les meilleures séquences des premières œuvres de Carrax.  
Au-delà de la naissance d'un futur talent, il est pourtant à souligner le mérite d'avoir su réaliser une telle œuvre audacieuse au sein d'une cinématographie moribonde. En 1996, le cinéma coréen est encore loin de connaître son renouveau; la production est au plus bas et entièrement concentrée sur des œuvres commerciales. Kim s'est forgé une certaine réputation et remportant plusieurs prix de scénarii, dont "A painter and a Criminal Condemned to death" à l'Educational Institute of Screenwriting en 1993, "Double Exposure" et "Jaywalking" par la KOFIC) en 1994 et 1995. C'est pourtant un rare pari audacieux. Qu'a prix la société de production Joyoung Films en lui confiant la réalisation de son premier long, alors qu'il ne disposait d'aucune formation, ni expérience particulières dans le domaine cinématographique. Son succès doit également beaucoup à sa rare persévérance à défendre ses œuvres, notamment en invitant la presse locale à découvrir ses premières œuvres (qui – lorsqu'ils daignent visionner ses films – vont très souvent les rejeter en bloc, ce qui vaudra à un antagonisme assez haineux entre l'auteur et les critiques) et à les montrer aux rares Festivals existants – dont le Festival International de Pusan, qui fera beaucoup pour le lancement de la carrière du réalisateur, en sélectionnant tous ses films jusqu'à programmer "The Coast Guard" en ouverture du festival en 2002.
Une œuvre surtout intéressante pour les fans du réalisateur; un peu moins facile d'accès (outre son caractère largement inédit, en-dehors de quelques pays distributeurs de son DVD, dont l'Allemagne et le circuit festivalier) pour les non-initiés de son cinéma, qui risquent d'être rebutés par son côté visuel et scénaristique moins maîtrisé que ses futures œuvres. 


24 février 2008
par Bastian Meiresonne


"Crocodile", bien plus que "Wild Animals", portait en germes bon nombre d'éléments caractérisant aujourd'hui le cinéma de Kim Ki-Duk (le rapport à l'art, la femme comme moteur de la narration, le lieu principal de l'action entouré d'eau, le personnage principal s'exprimant peu par la parole mais beaucoup par la violence, etc...). Et si la maîtrise de l'auteur coréen au sens cinématographique n'était pas encore ce qu'elle est à présent, "Crocodile" est proportionnellement plus sincère, car plus excessif, donc plus enclin encore qu'un "Bad Guy" ou "L'île" à faire ressentir au spectateur la mince frontière séparant un mal extrême, d'une beauté presque poétique. Cependant, Kim Ki-Duk a fait beaucoup mieux depuis, parvenant au passage à canaliser ces excès pour les besoins d'un public plus large à séduire. Qui a dit pute ?

02 mai 2005
par Antaeus


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